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Après 5h28mn13s de course, Sylvain Court a conquis le titre de champion de France 2014 de trail long et acquis sa place en Equipe de France pour les  championnats du monde qui auront lieu en mai 2015 à Annecy.

Sur la ligne de départ, deux hommes pourtant semblent intouchables et dans la tête de nombreux postulants au titre, c’est surtout la troisième place sur le podium et les deux places pour devenir sélectionnables en Equipe de France qui se jouent.

Mais s’il existe bien une discipline où rien n’est joué c’est bien sur le trail long. Tout commence comme c’était écrit si ce n’est que, déjà, un certain Sylvain Court prend les devants. On le disait en forme mais après un début de saison en demi-teinte, il était surtout placé comme outsider à surveiller de près. L’homme est bien décidé à imprimer le tempo. Julien Rancon, tenant du titre sur trail court passé sur le long, est dans ses runnings ainsi qu’une petite dizaine d’hommes dont Sébastien Spehler à quelques secondes, comme à son habitude. Les kilomètres passent et ils ne sont plus que trois. Les Adidas prennent le contrôle de la course. « Je dois remercier Julien et Sébastien car ils m’ont bien emmené. Sans eux, je n’aurais peut-être pas tenu ce rythme ».

Après trois heures de course, premier coup de théâtre. Julien Rancon craque. « Je ne sais pas. Je suis bien pendant trois heures et puis plus rien. Je n’ai plus envie. On passe son temps à se freiner alors que l’on voudrait courir plus vite puis ça lâche dans la tête et dans les jambes. J’ai continué pour mon club mais je ne sentais plus rien, » commente t-il la ligne d’arrivée franchie en neuvième position.

Il ne reste plus que Sébastien Spehler et  Sylvain Court. Après avoir pris un peu d’avance, Sébastien se sent mal victime d’un coup de chaleur « je reviens sur lui et passe devant dans la montée, on est au 50e et là je me retrouve seul, « explique Sylvain Court. « Jusqu’ici lorsque je marchais, il courait et au final, je le dépasse sans changer de rythme… » Il termine seul et franchit la ligne en grand vainqueur après 60 km et 5h28mn13s de course.

« C’est magnifique. J’ai fait une belle carrière en VTT mais je n’avais jamais connu ça. Un titre sur une course d’une journée, c’est juste… Même un podium m’aurait suffit aujourd’hui, alors le titre ! C’est le rêve de ma vie avec en plus la place en Equipe de France !, Je ne vais pas m’arrêter de pleurer là, c’est trop !»

Derrière, Sébastien Spehler a disparu des avant-postes et c’est l’homme qui a remporté au mois d’août l’OCC (nouvelle épreuve de l’UTMB sur 50 km, (lire Nicolas Martin vainqueur de l’OCC) qui arrive au bout de la ligne droite claquant les mains des spectateurs. Nicolas Martin, l’amoureux du trail, celui qui est capable d’en parler des heures et des heures, est venu chercher une deuxième place tout en intelligence. Resté longtemps vers la 15e position, il a su gérer le changement de température avec 11 degrés à 6h30 du matin à l’heure du départ et plus de 25 degrés sur les coups de midi. « Je les ai toujours eu en visu et je me suis toujours dit que je pouvais revenir. Je passe Seb à 5 ou 6 km de l’arrivée. C’est top surtout avec l’Equipe de France à la clé ! »

Ludovic Pommeret se glisse en troisième position tandis que Sébastien Spehler termine 6e littéralement épuisé et victime d’un malaise sur la ligne d’arrivée.

« Avec ce podium, je peux annoncer que Sylvain Court et Nicolas Martin sont officiellement en Equipe de France. Et nous avons décidé que Ludovic Pommeret mais aussi Xavier Thevenard seront suppléants en cas de blessure. Ils sont donc conviés au stage de l’Equipe de France lors de la dernière semaine de mars 2015. C’est une belle sélection avec de beaux champions. Cette course était très difficile, tout le monde pouvait être victime d’une défaillance. Seul Sylvain a tenu ou moins lâché que les autres, commente Philippe Propage, référent trail pour la fédération Française et entraîneur de Sylvain Court. « A l’entraînement, il effectuait de superbes séances avec des chronos de référence, je sentais qu’il pouvait faire un truc. Et puis, il était plus frais que les autres, cela a peut-être joué. Son début de saison chaotique a peut-être eu du bon. »

Caroline Chaverot impériale

Chez les femmes, Maud Gobert a pris les devants jusqu’au premier ravitaillement (23e km) mais se fait ensuite doubler par Stéphanie Duc, tenante du titre. Derrière, Caroline Chaverot tout sourire reste en troisième position tout en les gardant dans sa ligne de mire. « Je voyais que je courais quand elles marchaient et je me disais que je pouvais aller faire quelque chose. J’étais déterminée à tout donner. » Le trio reste ainsi durant plusieurs kilomètres, la future championne de France est à 1mn30 puis commence à grignoter les minutes. Elle passe dans un premier temps Maud Gobert qui sert les dents, victime d’un gros coup « de moins bien. Je ne sais pas ce que c’est, ce n’est pas la première fois. Sur la TDS déjà, je pense que c’est alimentaire mais je ne sais pas, je fais très attention, je mange équilibré… Bref, j’ai attendu que ça revienne, je me connais et je sais être patiente.»

Pendant ce temps, Caroline Chaverot a doublé Stéphanie Duc et s’est imposée en 6h26mn31s. « Il y a trois semaines, je voulais arrêter la compétition mais mon entourage a su me remotiver et après tout je n’avais pas fait tous ces entraînements pour arrêter comme cela. La CCC (disqualification pour ravitaillement hors zone à 50m de la tente sur méconnaissance du règlement, ndlr) restera un mauvais souvenir mais au moins c’est effacé. Je suis repartie et je pense faire les compétitions de l’Ultra World Tour l’an prochain. La transvulcania, le Lavaredo et l’UTMB me font bien rêver. »

On pense alors que le podium est connu mais non, puisque Maud Gobert retrouve des jambes et parvient à revenir sur la tenante du titre et à la doubler dans les derniers kilomètres. Elle devient vice-championne de France et retrouve sa place en Equipe de France après son titre de championne du monde en 2011.

« Je suis content du retour de Maud en Equipe de France. C’est une guerrière. Avec Nathalie Mauclair, elles ont un moral de gagnante, elles ne laissent jamais tomber et c’est bien pour l’émulation de la sélection. La Maxi Race sera un bon profil pour elles. Je suis satisfait de ces championnats, cela donne une belle sélection et dès mars nous allons nous mettre au travail pour ces championnats du monde avec de belles ambitions, » conclut Philippe Propage

A  l’issue de cette deuxième édition des championnats de France de trail, sur les quatre titres en jeu aucun n’aura pu être conservé. La terre du trail ne cesse d’évoluer et la saison n’est pas encore terminée puisque de nombreux grands rendez-vous sont à venir avec notamment les Templiers, le Grand Raid de la Réunion ou encore la Saintélyon…

es sélectionnés pour l’Equipe de France

  • Chez les hommes :  Sébastien Spehler et Fabien Antolinos (les deux premiers du championnat de France 2013), Julien Rancon (troisième aux championnats du Monde 2013 et premier Français), Patrick Bringer (troisième de la Maxi Race 2014 derrière Sébastien Spehler et Fabien Antolinos déjà qualifiés), Sylvain Court et Nicolas Martin (les deux premiers du championnats de France 2014).
    Remplaçants : Ludovic Pommeret (3e des championnats de France 2014 et Xavier Thevenard, 4e de la Maxi Race 2014)
  • Chez les femmes : Nathalie Mauclair (Championne du Monde 2013), Aurélia Truel (Vice championne du Monde 2013), Stéphanie Duc (Championne de France 2013 à Gap), Caroline Chaverot (victoire sur le Maxi Race 2014) et Maud Gobert (2e du championnat de France 2014 derrière Caroline Chaverot déjà sélectionnée). Reste une sixième place à attribuer, la décision est reportée afin de regarder les bilans…

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La course était annoncée comme la plus ouverte de ces championnats de France qui se déroulaient à Buis-les Baronnies dans la Drôme en ce dimanche 28 septembre 2014 mais elle ne le fut pas tant que ça.

Chez les femmes, parmi la douzaine de postulantes au titre, Christel Dewalle était indiscutablement l’un des grandes favorites même si Aline Camboulives aurait pu lui disputer la victoire. « Je dis tout de suite que normalement c’est Aline qui aurait dû franchir la ligne d’arrivée en tête et être championne de France. Elle est tombée mais elle était devant et je n’aurais pas pu aller la chercher. » (Après sa chute, Aline Camboulives n’a malheureusement pas pu terminer sa course, ndlr).
Mais ce sont les aléas de la compétition et la vice Championne de France de course en montagne et championne de France de kilomètre vertical, n’a pas volé son titre. Christel réalise tout simplement une saison pleine avec ce nouveau titre de championne de France de trail court « Je suis comblée ».
Sur ce 23 km, elle a toujours été à un peu moins de 1 mn d’Aline Camboulives. « Je perdais du temps en descente comme toujours, elle a vraiment un ascendant psychologique sur moi dans ce secteur. Elle courait tout le temps alors que je marchais en montée, vraiment j’aurais préféré gagner autrement. »

La surprise survient avec la nouvelle vice-championne de France, Christelle Monier, 38 ans, venue de Narbonne. Crosswoman, marathonienne (2h49mn), elle aime varier les plaisirs et alterner route et trail. « C’est tout nouveau. Je me suis blessée en juin, une aponévrose plantaire, et je n’ai pu vraiment m’entraîner que depuis fin août même si j’ai fait beaucoup de natation et de vélo pour compenser. Mais c’est passé ! Cette deuxième place est une vraie surprise, je n’en reviens pas. J’aime la nature et le trail mais je suis frustrée car on marche beaucoup alors je ne pense pas me spécialiser. Je veux garder ma vitesse mais je compte bien m’aligner sur le 50 km du Phoebus trail en début d’année. En course, j’ai longtemps été troisième sans jamais voir Christel qui était devant moi. En fait, je n’ai connu mon classement qu’à partir du 15e km. J’ai vu Aline sur le côté mais je ne pouvais rien faire pour l’aider, j’ai alors compris que j’étais deuxième. C’est juste incroyable.»

Chez les hommes, Cédric Fleureton membre de l’Equipe de France de course en montagne et ancien triathlète professionnel (arrêt de sa carrière en 1999 sur blessure), n’a laissé à personne l’opportunité de venir lui disputer le titre. D’entrée, il a pris la tête et n’a jamais été inquiété. « L’idéal aurait été d’attendre car je sors des championnats du monde de course en montagne (voir les résultats des mondiaux du 14 septembre 2014) et je ne savais pas si j’avais 23 km dans les jambes mais j’avais envie de voir ce que cela donnerait. J’ai pris une licence il y a seulement six mois et le président du club m’a demandé si je ne pouvais pas participer à ces France, j’ai dit pourquoi pas puisqu’avec ma place en Equipe de France j’étais qualifié d’office même sans avoir fait une seule manche du TTN ». Deux fois vice-champion d’Europe et vainqueur de deux manches de la coupe du monde en triathlon format olympique, Cédric Fleureton ne compte pourtant pas passer sur des épreuves plus longues. « Je travaille, j’ai des enfants et j’aime la vitesse. Il faut savoir rester dans ses limites et je ne suis pas sûr que l’on soit encore dans le sport santé quand on passe dans l’ultra. »
Son dauphin est un de ses équipiers en Equipe de France de course en montagne, Benjamin Bellamy. A 30 ans, l’ancien spécialiste du 3 000m steeple s’est mis à la course en montagne il y a trois ans et compte 5 sélections en Equipe de France. « Ce n’était pas facile quinze jours après les mondiaux d’autant que je n’avais pas brillé en étant 72e. Je venais un peu me tester en fait, même si je pensais manquer de kilomètres. Je me doutais que Cédric serait très fort et qu’il allait imposer un rythme rapide. Je n’ai même pas tenté d’aller le chercher. Je suis resté concentré sur ma course surtout lorsque Bertrand Brochot qui s’était imposé ici en avril dernier m’a rejoint. Je me suis accroché dans la montée et j’ai pu faire la différence vers le 15ème km J’ai dû serrer les dents sur la fin car la dernière descente m’a bien entamé. Vice-champion de France c’est top, place maintenant aux Templiers. Là j’y vais pour finir, comme l’an dernier où je termine 15e. Ces efforts procurent des sensations différentes que j’aime bien mais seulement de temps en temps. Dans l’immédiat, je vais surtout savourer cette belle place de vice-champion de France. »

Sous le soleil de Buis-les-Baronniers, les champions de France 2013 n’ont pu défendre leurs titres, Julien Rancon ayant décidé de passer sur le long tandis que Céline Lafaye termine 4e derrièreCélia Chiron qui se glisse sur la troisième marche du podium.

Les résultats

Hommes

  1. Cédric Fleureton, 1h39mn44s
  2. Benjamin Bellamy, 1h41mn48s
  3. Bertrand Brochot, 1h42mn27s
  4. Romain Maillard, 1h46mn08s
  5. Yazid El Madi El, 1h46mn12s
  6. Thibaud Nael, 1h46mn36s
  7. Adrien Michaud, 1h45mn36s
  8. Julien Roussely, 1h47mn23s
  9. Anthony Gaillard, 1h47mn31s
  10. Gérald Moutiapoulle, 1h47mn36s

Femmes

  1. Christel Dewalle, 1h58mn00s
  2. Christelle Monier, 2h01mn19s
  3. Celia Chiron, 2h03mn56s
  4. Céline Lafaye, 2h06mn49s
  5. Corail Bugnard, 2h07mn49s
  6. Severine Bovero, 2h09mn32s
  7. Claire Bressort Perrin, 2h12mn01s
  8. Laetitia Dardanelli, 2h17mn43s
  9. Lorene Montegani, 2h17mn49s
  10. Sandrine Etienne, 2h17mn54s

 Les résultats complet des championnats de France de trail court 2014

source article: http://www.lepape-info.com

Par Sabine Dechaume (Rédaction) le